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Maroc |

Publié le 20 avril 2015

Alors que le Conseil de l’Education planche encore, l’ONU s’inquiète pour l’enseignement au Maroc

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Le Conseil supérieur de l’Education nationale, de la Formation et de la Recherche scientifique continue ses réflexions sur une vision stratégique pour l’enseignement, et peine visiblement à trouver un accord, entre autres, sur les langues d’enseignement et sur les langues étrangères. Mais, pendant ce temps, un comité de l’ONU manifeste une certaine inquiétude sur la privatisation de l’éducation nationale.

Ainsi, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CDESC) de l’ONU a-t-il appelé le Maroc à lui apporter les éclaircissements nécessaires sur le système de la privatisation du système éducatif et sur l’ampleur des inégalités qu’il induit au sein de la population, entre les familles à même de procurer cet enseignement payant à ses enfants et les autres, contraintes de s’en remettre à un système public en pleine déperdition.

Le Comité épingle également, à travers la privatisation de l’enseignement, la mise à mal de l’enseignement primaire gratuit pour tous, sachant par ailleurs que l'enseignement pré-scolaire public est pratiquement inexistant, puisque plus de 90% des enfants de moins de 6 ans sont admis dans des structures privées. 

Le Comité onusien s’appuie sur les conclusions – et aussi les inquiétudes – d’un collectif d’associations marocaines, dont la Coalition marocaine pour l'éducation pour tous, la Fédération nationale des associations de parents d'élèves au Maroc, le Mouvement Anfass démocratique, Bayti, l'Union des étudiants pour le changement du système éducatif, Zaynoo et ATTAC  Maroc.

Ainsi saisi par des organismes impliqués dans l’éducation au Maroc, le Comité des Nations-Unies relève aussi que le système d'éducation de l'Etat est «à deux vitesses » et note un écart de niveau frappant entre l'enseignement public et l'enseignement privé. S’il faut se référer au système chilien d’éducation, qui a multiplié les partenariats public-privé, on aboutira fatalement, comme dans ce pays latino-américain, à un système inégalitaire, lésant les familles à faible revenu, sans pour autant assurer l’éducation adéquate aux enfants des ménages dotés d’un fort revenu.

Cela va aussi à l’encontre du principe que la puissance publique prenne en charge la formation des générations futures. L’Etat a démissionné et les familles voient leur pouvoir d’achat érodé par des frais de scolarité qui ne devraient pas être à leur charge.

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