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Publié le 16 mai 2018

Moulay Hafid Elalamy, "disponible pour une enquête" au sujet de prétendus privilèges accordés à Saham

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Ciblé par une campagne qui l’accuse d’avoir profité de sa place au gouvernement au bénéfice de sa société – notamment lors de la cession de Saham Finances, fleuron de son conglomérat, au groupe sud-africain Sanlam le 8 mars dernier – le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moulay Hafid Elalamy, s’est exprimé sur le sujet en Conseil de gouvernement, le 10 mai.

Information relayée par le journal Jeune Afrique et qui nous a été confirmée aussi par deux sources à savoir le management du Groupe Saham et la présidence du gouvernement « Il a manifesté au chef de gouvernement et à ses collègues sa disposition à faire face à une enquête, nous confie une source d’un cabinet ministériel (information rapportée par la source de JA ndrl). Et de rajouter : Il leur a dit : “Soit on trouve quelque chose à me reprocher et je mériterai alors une sanction, soit ce n’est pas le cas et il faudra arrêter les détracteurs”. » a révélé Jeune Afrique

Pour rappel, le méga-deal entre Saham et Sanlam, de plus d’un milliard de dollars, est intervenu au lendemain de l’introduction d’une nouvelle disposition fiscale. La loi de Finances 2018 est venue supprimer les droits d’enregistrement de 4 % appliqués à la cession de parts de sociétés. Certains y ont vu une disposition sur mesure pour la transaction de Moulay Hafid Elalamy, favorisé par son collègue au gouvernement et au parti, Mohamed Boussaid, ministre des Finances.

Quid du milliard de dirhams pour le fisc ? « Archi-faux, rétorque une source au sein de Saham. La suppression de cette disposition fait partie des 23 recommandations des Assises de la fiscalité (tenues en 2013, ndl) car il est aberrant de maintenir une approche fiscale qui taxe l’investissement à l’entrée. » Et d’ajouter : « Le groupe Saham devra payer plus d’un milliard de dirhams au fisc pour cette transaction

Les détracteurs pointent aussi les intentions de la Fondation Saham qui a bénéficié, en novembre 2017, du statut d’utilité publique. Suffisant pour faire réagir le ministre qui a interpellé le Premier ministre et le secrétaire général du gouvernement – responsables de l’octroi d’un tel statut qui permet une exonération des donations – en leur demandant de dire s’il est déjà « intervenu sur ce dossier ou même s’il avait évoqué le sujet avec eux », rapporte JA.

« Si quelqu’un avait remis en cause la responsabilité de son département dans l’octroi de supposées privilèges, il n’aurait pas hésité à réagir et à corriger les faits. Aujourd’hui, il attend de même de ses collègues ministres », affirme un des proches du fondateur du groupe Saham, au journal panafricain.

MN

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