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Publié le 15 mai 2018

La Turquie demande à l'ambassadeur israélien de quitter le pays temporairement  

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La Turquie a demandé à l'ambassadeur d'Israël à Ankara de quitter le pays temporairement pour protester contre la mort de dizaines de Palestiniens la veille sous les balles israéliennes dans la bande de Gaza, a indiqué un responsable turc.

Cette décision d’Ankara est précédée d’une condamnation du président Erdogan qui a déclaré lundi "Nous rejetons cette décision qui viole le droit international et les résolutions des Nations unies", a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan. "Avec cette décision, les Etats-Unis ont choisi d'être une partie du problème, et perdent leur rôle de médiateur dans le processus de paix" au Proche Orient.

Peu de temps après que le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, ait dénoncé sur Twitter un "massacre" à la frontière avec la bande de Gaza, dont "l'administration américaine est autant responsable qu'Israël" en déclarant : "En transférant son ambassade à Jérusalem, l'administration américaine a sapé les chances d'un règlement pacifique et provoqué un incendie qui causera davantage de pertes humaines, des destructions et des catastrophes dans la région".

Ce mardi, l'ambassadeur, Eitan Naeh, a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et a été prié "de retourner dans son pays pour un certain temps", a déclaré un responsable de la diplomatie turque au lendemain de la décision de la Turquie de rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv pour consultations.

Naeh est en posté à Ankara depuis décembre 2016.

La décision d'Ankara marque un nouveau durcissement dans sa réaction à la mort de près de 60 Palestiniens lundi par des tirs israéliens alors qu'ils manifestaient à la frontière de la bande de Gaza contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

Réagissant au bain de sang à Gaza, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait accusé lundi Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide". La Turquie a également rappelé pour consultations son ambassadeur aux Etats-Unis.

"Erdogan est parmi les grands supporters du Hamas et il ne fait aucun doute qu'il comprend parfaitement le terrorisme et les massacres. Je suggère qu'il ne nous donne pas de leçons de morale", a réagi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Mardi, le Premier ministre turc Binali Yildirim a appelé mardi les pays musulmans qui entretiennent des relations avec Israël à les "reconsidérer", en réaction aux violences de la veille.

Yildirim a en outre appelé à la tenue vendredi en Turquie d'un "sommet extraordinaire" de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui compte 57 membres, mais il n'était pas clair dans l'immédiat si une telle réunion se tiendrait effectivement au niveau des chefs d'Etat.

A l'appel de différentes organisations, des centaines de manifestants ont protesté mardi devant le consulat israélien à Istanbul. Brandissant des drapeaux turcs et palestiniens, ils ont crié en choeur "maudit soit l'impérialisme américain" ou encore "Israël dégage".

Un rassemblement, qui s'annonce imposant, doit se tenir vendredi à 12H00 GMT Istanbul à l'appel de M. Erdogan sous le slogan "Halte à l'oppression", en signe de solidarité avec les Palestiniens.

Le roi Mohammed VI avait dès les premières heures dénoncé une "décision unilatérale", qui "s’oppose au droit international et aux décisions du Conseil du sécurité". Le roi y disait "suivre avec préoccupation" la situation.

Pour rappel les déclarations avaient été faites ce lundi peu de temps après le début des massacres israéliens, mais aucune condamnation n’a été aussi ferme comme l’ont remarqué les observateurs à l’excepté de la Turquie et de l’Iran.

L’Union européenne

"Des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et des centaines blessées par des tirs israéliens durant les manifestations massives en cours près de la barrière de Gaza. Nous demandons à toutes les parties d'agir avec la plus grande retenue afin d'éviter des pertes de vie humaine supplémentaires", a affirmé la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué. Elle a mis en garde contre "toute nouvelle escalade" dans une situation "complexe et déjà très tendue" qui rendrait "les perspectives de paix encore plus éloignées" "Israël doit respecter le droit à manifester pacifiquement et le principe de la proportionnalité dans l'usage de la force", a-t-elle insisté.

Iran

Le ministre iranien des Affaires étrangères a publié lundi une lettre au secrétaire général de l'ONU accusant les Etats-Unis de "mépriser totalement le droit international" après le retrait de Washington de l'accord sur le nucléaire.

Grande-Bretagne

"Nous désapprouvons la décision des Etats-Unis de déplacer son ambassade à Jérusalem et de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël avant un accord final sur le statut", a déclaré le porte-parole de la Première ministre Theresa May. "L'ambassade britannique en Israël est basée à Tel Aviv et nous n'avons pas le projet de la déplacer".

Paris

La France a appelé lundi "l'ensemble des acteurs" à prévenir "un nouvel embrasement" au Proche-Orient après la mort d'au moins 52 Palestiniens par des tirs israéliens lors de manifestations dans la bande de Gaza contre l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

"Alors que les tensions sur le terrain sont vives (..) la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Russie

Interrogé lundi lors d’un briefing pour savoir si le transfert de l’ambassade américaine faisait craindre à la Russie une aggravation de la situation dans la région, le porte-parole du président russe Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a répondu : "Oui, nous avons de telles craintes, nous l’avons déjà dit". Cette déclaration de la Russie est jugée « assez terne » par rapport à l’ampleur de cette catastrophe selon les internautes rapportés par France 24.

Egypte

Le grand mufti Shawki Allam a dénoncé "un affront direct et clair aux sentiments de plus d'un milliard et demi de musulmans sur terre", qui "ouvre la porte à davantage de conflits et de guerres dans la région".

Avec AFP

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