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Publié le 20 octobre 2016

Hay Riad : l’avenue Annakhil et les autres rues, par Fatiha Daoudi

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Hay Riad est un quartier de la capitale du Maroc, Rabat. S’il vous arrive de le visiter, vous serez subjugué par le réaménagement récent de l’avenue Annakhil, artère principale et ainsi nommée en raison des nombreux palmiers plantés tout son long.

Lors de cette réorganisation, les anciens palmiers ont vu beaucoup d’autres arriver, au point d’en être bousculés ! Bon, nous n’allons pas bouder notre ravissement pour autant ! L’avenue a été joliment pavée et des ronds points y ont été placés même si on ne comprend pas toujours la forme qu’on leur a donnée. Et si vous y passez le soir, vous serez enchantés par les lumières qui ne démentent pas le slogan Rabat, ville des lumières, vous en verrez même certaines jaillir du sol évoquant les boites de nuits les plus animées !

En revanche, je ne vous conseille pas de visiter les rues adjacentes de cette avenue, tout simplement pour vous éviter un choc qui pourrait être dur. En effet, toujours dans le cadre de l’embellissement de la capitale et du quartier, des travaux ont été effectués dans ces rues. Ainsi, les fils électriques ont été enterrés et la fibre optique a été placée partout. Mais pour ce faire, les trottoirs ont été éventrés et les lampadaires enlevés.

Et puis brusquement, les travaux se sont arrêtés et cela depuis plus de dix mois sans qu’aucune explication ne soit donnée aux riverains sur ce retard ! Ces derniers auraient pu supporter les trous béants à leurs portes, les montagnes de gravats abandonnés le long des rues et la dangereuse obscurité pendant la nuit, s’ils savaient quand les travaux reprendraient. Leur désagrément atteint son comble quand ils s’imaginent patauger dans la boue lors de la très prochaine saison des pluies et le soir, ne pas pouvoir éviter les trous par manque de lumière.

Ce n’est que récemment qu’une information a circulé grâce aux réseaux sociaux : le contrat de la société chargée des travaux a été rompu par la wilaya de Rabat devant laquelle un groupe d’habitants a organisé un sit-in de protestation sans aucun résultat apparent.

Comment peut-on rompre un contrat unilatéralement sans considération pour les désagréments que cela causerait aux riverains qui payent leurs impôts, lesquels payent ces administrateurs défaillants ?! Pourtant le commun des mortels, même s’il ne sort pas de Polytechnique, sait que des solutions existent. Des pénalités peuvent être imposées à la société si sa faute est avérée ; de même, si elle est définitivement défaillante il n’est pas nécessaire d’entamer les procédures administratives ordinaires pour la remplacer mais d’abord gérer l’urgence pour ensuite formaliser.

Cela a un nom : la diligence qui est une des principales règles de la bonne gouvernance prônée mondialement ! Normalement, les responsables sont tenus d’y obéir et de rendre des comptes de leur gestion.

Bichonner l’artère principale pour parer à toute éventuelle visite royale et négliger les autres rues de Hay Riad illustre-t-il la gouvernance de la capitale ? En tous les cas, il incarne à coup sûr le mépris et l’arrogance !

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